Chroniques d’un Berserker : La Langue de tamanoir – Au nom des dieux

Chroniques d’un Berserker : La Langue de tamanoir

J’ai enfin du temps pour lire ! Alors autant vous dire que le Berserker ne va pas chômer. Et aujourd’hui, je vais complètement sortir de ma zone de confort en allant à la rescousse d’un écrivain dont les fictions sont, d’après ses dires, trop peu souvent mises en avant vis-à-vis de ses autres écrits. Alors chers amis, aujourd’hui, j’ai pour vous La Langue de tamanoir par François Mourelet.

Comme à notre habitude, commençons par le résumé sur la 4e de couverture :

« Imaginez-vous être à la place du Professeur Parlisse. Vos découvertes ont sauvé des milliers de malades. Mais vous détenez un terrible secret qui met votre vie et votre carrière en danger. Invité d’honneur d’un prestigieux colloque médical, vous avez carte blanche pour expliquer, en cinq conférences, le processus de création d’une molécule thérapeutique. Qu’allez-vous faire ? C’est pour vous l’occasion de dénoncer un crime et son auteur présent dans la salle. Coincé par votre éducation et le regard bienveillant de vos pairs, au lieu d’entrer dans le vif du sujet, vous abordez des thèmes apparemment anecdotiques : vos balades en forêt, vos écrivains préférés, vos rêves ou bien les vacances avec votre vieille maman aveugle. Cependant, pour instiller le doute, vous disposez, de-ci de-là, des indices comme les cailloux blancs du Petit Poucet.

Par des touches tantôt sensibles, tantôt humoristiques, toujours précises, le narrateur nous entraîne dans une réflexion vertigineuse sur les relations confuses entre maladie et remèdes, conscience et vanités, vérité et inventions.

Dans cette fiction, tout est exact ou presque même les pratiques des laboratoires pharmaceutiques. Il ne s’agit pas de hurler avec les loups, mais il faut bien reconnaître que, longtemps encore, l’univers de la recherche médicale restera un décor plausible pour les crimes les plus sordides ou les trahisons les plus abouties. Avec le souvenir de rencontres musclées dans des laboratoires pharmaceutiques, l’auteur construit une ambiance particulière, à mi-chemin entre le récit poétique et le reportage désabusé. »

Voilà un résumé bien long et bien complet. Très bien. Pour une fois, je vais appeler au calme. Alors rangez les haches, installez vous confortablement et prenez des notes. Et souvenez-vous de ce jour car il n’y en aura pas tout le temps des moments comme ça.

Moi qui ne suis pas un adepte des thrillers, et qui ne me penche pas si souvent que ça sur les thèmes médicaux, je dois dire que j’ai été bluffé par ce roman. Il se lit très vite (et n’est certes pas très long), mais je me suis surpris à me dire « Déjà fini ? » une fois la dernière page atteinte. Bien, maintenant rentrons dans le détail.

Style du livre

Le style du livre est excellent ! En même temps, l’auteur est un écrivain expérimenté, ayant déjà des années et des années d’écrits et de travaux derrière lui. Aussi, on y ressent cette expérience et cette patte confirmé durant tout le récit qui nous met en sécurité. On ressent également toutes les émotions des personnages à chacune qu’ils vivent et on voyage dans des descriptions particulièrement bien détaillées avec eux. Je n’avais aucun mal à me représenter chaque paysage qui m’était exposé devant mes yeux tant les mots pour les décrire sont bien choisis.

Un élément qui m’a beaucoup plut dans le récit, c’est qu’on est à la fois en huis-clos (les conférences donc un homme qui parle devant d’autres) mais en même temps dans un récit plus classique. L’insertion des dialogues est justifiée par le protagoniste principal voulant, je cite, « ne pas endormir son auditoire par un monotone monologue ». Et les descriptions des voyages, des lieux par le narrateur étant particulièrement réussies, on avait aucun mal à s’évader de cette salle de colloque le temps d’une anecdote ou d’une rêverie.

On sent également que l’auteur a fait de profondes recherches pour étayer son sujet. Ainsi, tout ce qui est raconté dans ce roman est présenté avec exactitude. On pourrait presque se dire qu’on a à faire à un cours magistral, sans le côté ennuyant de la chose, sur les plantes médicinales

L’humour est également présent, à petites doses, bien répartis et m’a fait sourire à chaque fois.

Concernant le style, je n’ai pas grand-chose d’autre à dire car celui-ci est particulièrement bien maîtrisé. Passons maintenant à la partie univers de ce roman.

Univers du livre

Ce roman se déroule dans notre monde. Pas de magie, pas de fantastique, pas de science-fiction (et donc de technologies exubérantes), c’est notre bonne vieille Terre. Vous la connaissez ? Elle et ses lois physiques ? Oui ? Parfait. Je n’ai donc rien à dire…

Je plaisante. La première chose qui m’a marquée dans ce roman, ce sont les personnages. Eux aussi, à l’instar du style d’écriture, sont très bien construits. Comme je l’ai dit plus haut, on ressent très bien leurs émotions et on vibre donc avec eux face à leurs malheurs, leurs joies et leurs épreuves. Même certains personnages qui ne sont que peu présentés, disposent de leur âme et de leurs émotions propres qui les rendent immédiatement très attachants. Même les ordures.

Concernant l’aspect thriller présenté dans la 4e de couverture (et ce sera là je pense mon seul « reproche » entre gros guillemets), j’avoue que si je ne l’avais pas lue, je n’aurais rien deviné. Est-ce parce que c’est trop dissimulé ou bien parce que je n’ai pas l’habitude des thrillers et que je n’ai repéré que tard les indices disséminés dans les paroles de ce cher Parlisse. Quoi qu’il en soit, on ne m’aurait pas dit que c’était un thriller je pense que, comme tout l’auditoire de ce cher professeur, j’aurais cru d’abord entendre un homme brisé, ayant trop perdu et n’ayant plus de but raconter ce qu’il avait sur le cœur avant de s’en aller. Néanmoins, au moment où je me suis rendu compte de la supercherie et de l’aspect inquiétant de la situation, c’est au moment où tout se mit à s’enchainer et où les révélations commencèrent.

Il y a d’ailleurs, dans cette partie du roman, tout une enquête qui est mené par deux jeunes anonymes (pour leur sécurité) pour débusquer le fin mot de l’histoire (je n’en dirais pas trop à ce sujet). Je pense que j’aurais apprécié que cette partie soit un peu plus développée, qu’on en apprenne plus sur leurs méthodes de recherches, sur ce qu’ils ont découverts et les ficelles de toute cette affaire.

La conclusion par contre, est elle aussi menée d’une main de maître. En la lisant une première fois, je me suis dit « c’est tout ? », un peu surpris et me demandant si je n’avais pas été floué quelque part. Puis, en la relisant une seconde fois, j’ai compris toute la subtilité de la démarche de notre narrateur. Et cette fois-ci, ce fut un beau « waouh ! »

En conclusion, on a là un excellent roman, écrit par une plume maîtrisée et par un romancier de talent. Bien que je ne sois pas un expert en thriller, ni même un expert dans le domaine de la médecine (j’ai prévu de prêter le livre à un médecin pour qu’il le lise, peut-être comprendra-t-il certains points que je n’ai su déceler), je pense tout de même avoir eu le plaisir de lire un livre d’une qualité supérieure. Aussi, je pense pouvoir lui attribuer le titre de Héros du Valhalla. Peut-être certains experts ou grands fans de ce genre me le reprocheront, mais j’assume. Le livre va bénéficier d’une réédition (avec nouvelle couverture) pour fin septembre de cette année. Aussi, n’hésitez pas si vous aimez les thrillers scientifiques ou si vous voulez vous initier à ce genre, c’est un excellent moyen de commencer !

Je vous laisse ici le lien vers la page Amazon : La Langue de tamanoir

Rappel des titres de romans, du plus haut au plus bas

– Héros du Valhalla

– Einherjar émérite

– Guerrier distingué

– Compagnon d’aventure

– Soldat du rang

– Paysan recruté

– Chair à canon

– Va mourir en premier