Chroniques d’un Berserker : Les Prélats de Fanéas, tome 1 : les terres d’exil – Au nom des dieux

Chroniques d’un Berserker : Les Prélats de Fanéas, tome 1 : les terres d’exil

All Hail à tous ! Votre fou furieux amateur de bain de sang et de lectures est de retour une fois encore pour vous border de sa brutalité et de ses mots. Et aujourd’hui, je vais vous proposer de la bonne fantasy des familles comme on aime. Aujourd’hui, on s’attaque à du gros, à du lourd, aujourd’hui, on rencontre les Prélats de Fanéas. Mais, comme toujours, commençons par le résumé sur la 4e de couverture.

« Vous qui n’avez ni dieu, ni pouvoir. Vous qui avez abandonné vos rêves, les prenant pour des chimères. Astéria est une jeune femme énergique au caractère bien trempé qui vient d’emménager à Maleross avec sa cousine Cléora. Les deux jeunes femmes arrivent tout droit du mystérieux royaume de Faneas où la magie et les dieux n’ont rien d’imaginaire et où chaque jour recèle son lot de surprises. Elles ont fui leurs terres natales envahies par le royaume limitrophe d’Endor et sont venues se réfugier dans notre monde. Elles cherchent à présent les prélats de Faneas afin de regagner leur monde et de restaurer la paix, mais la tâche s’avère bien plus ardue qu’il n’y paraît et les mystérieux prélats demeurent introuvables. Leurs actions finissent par attirer l’attention d’un jeune homme observateur portant le nom de Noctis. Avec l’aide de son ami Klay, il compte bien découvrir ce qu’elles cachent. Ne vous êtes-vous jamais demandé où naissent les récits de vos anciennes légendes ? »

Voilà qui annonce la couleur. Très bien. Préparez vos haches, aiguisez vos sens et vérifiez que votre mana est bien haute. Parce qu’aujourd’hui, on va écraser du démon.

Et je respecte en plus vos retours sur les précédentes chroniques (voyez comme je suis bon).Ce livre a su me captiver. Malgré ses défauts, malgré les pépins que je repérais au fil de ma lecture, je me suis surpris à vouloir connaitre la suite, à vouloir tourner la page, à râler sur les réactions des personnages, à vouloir savoir quelle bêtise ils allaient encore faire. Néanmoins, ces pépins justement, ne sont pas non plus passés inaperçus. Et, vous et moi, on est là pour leur tailler le bout de gras avec un bon acier du Nord.

Style du livre

On va commencer par le style du roman. Si le vocabulaire est travaillé et recherché, deux choses vont principalement impacter la lecture et venir taper dans l’œil du lecteur. La première, c’est le côté « manga/animé » qu’on ressent dans le récit. L’influence y est énorme. Les personnages réagissent à certaines actions tels qu’on s’y attendrait dans cette littérature japonaise, que ce soient par des mimiques, des expressions, des gestes ou des paroles qui sont typiques de ces aventures d’Extrême-Orient. Si, personnellement, ça a joué en faveur du livre, m’encourageant à le poursuivre (car, oui je l’avoue, j’aime bien les animés japonais) car amusé par certaines réactions, exaspérées par d’autres, etc., je comprendrais très bien que ça rebute certains lecteurs. Voire en énerve d’autres et leur fasse reposer immédiatement le livre. Mais, si vous êtes fans de ces aspects, vous vous régalerez en lisant le livre.

Le deuxième gros aspect sur le style qui pour moi joue à la fois en faveur et en défaveur du roman, c’est qu’on sent clairement qu’il s’agit d’une première œuvre de l’autrice. Je m’explique. Il y a certaines longueurs, certains passages qui ne font pas réellement avancer l’intrigue, remplissant juste et faisant « vivre » les personnages devant nous. S’ils ne sont pas spécialement dérangeants, ils peuvent s’avérer un peu ennuyeux car se répétant quelques fois et ne faisant pas spécialement avancer le récit. D’autres peuvent paraître plutôt lents. Certains passages se font en suivant le point de vue de certains personnages, alors qu’on sait que l’intrigue est ailleurs (c’est voulu, mais ça peut être frustrant pour le lecteur). Néanmoins, et là j’en viens au bon côté de cet aspect, c’est qu’on sent que l’autrice a un énorme potentiel. Tout le long du livre, j’ai senti une certaine progression, une amélioration à peine perceptible mais tout de même présente, du style d’écriture. On sent tout ça monter et lorsqu’on arrive à la fin, et bien j’étais impatient de lire la suite car je voulais voir certes l’histoire progresser (surtout après le cliffhanger horrible à la fin), mais aussi voir l’autrice grandir dans son écriture.

Univers du livre

Ah on en arrive à ma partie préférée. Mais d’abord… *le Berserker tend le bras* Mjöllnir… Viens. *un énorme maul apparait*. L’autrice comprendra, j’en suis sûr.

Bien. Il est temps de taper dans le lard. L’univers de Fanéas se divise en 2. Il y a le monde de Fanéas lui-même, qui est un très bel exemple de High Fantasy (traduction : bouffez de la magie par salves de catapultes). Et notre monde, qui lui s’est fermé à la magie et aux dieux.Le monde de Fanéas est très bien décrit, même si je ne suis pas un adepte de la division en régions élémentaires (région de montagnes à un endroit, grande forêt à un autre…), ici, c’est bien fait. Les descriptions sont complètes et permettent de très bien se représenter tout l’univers. La Magie y est omniprésente, et si tout le monde ne la manipule pas, celle-ci est très spectaculaire et saura ravir les amateurs de sorts puissants et de dévastation qu’ils engendrent. Le système politique est décrit simplement sans être mal fait (mais des experts pourraient sans doute le renverser sans trop de soucis… niark niark niark, j’ai une invasion à planifier).

Le monde emprunte de nombreux noms issus de nos mythes et légendes, les transformant un peu par moment. On retrouve les monts d’Ase Gard, la lame Mjöllnir (moi j’ai mon marteau), la race des Vanes (qui sont aussi des dieux de la mythologie nordique pour les incultes du fond), etc… Serait-ce un moyen de dire que le monde de Fanéas et notre Terre ont été influencés l’un par l’autre et inversement ? Je l’ignore. Mais pour certains puristes des mythologies comme votre serviteur, si on veut jouer avec les noms et les codes, il faut bien s’y prendre sinon on risque de se brûler les ailes.Un point qui m’a embêté, c’est la discrétion des personnages. En exil sur Terre, ils se cachent pour retrouver les Prélats. Bon, Mesdemoiselles, Mesdemoiseaux… Quand on veut se cacher quelque part, on établit une couverture. La votre (avec le café et tout le trucs administratifs qui ont été fait) est excellente, à un détail prêt. LES NOMS ! Vous êtes sur Terre par Odin ! Noctis, Astéria, … ces noms-là ne rentrent pas du tout dans le paysage, surtout si vous êtes en Bretagne. Rien qu’avec ça, n’importe qui pourrait vous griller (même si j’ai trouvé très poétique les origines du nom d’Astéria).

Petit point de détail insignifiant pour le commun des mortels, mais important pour votre Berserker. Les Beretta sont des pistolets, et non des revolvers. En termes de maniabilité et de contraintes, même dans le roman, c’est un détail à prendre en compte.

Pour en revenir à la Bretagne, la ville de Maleross où nos héros se réunissent n’est pas clairement située sur une carte, ce qui laisse à chacun une belle liberté pour s’imaginer la ville et son emplacement. Néanmoins, il y a un truc qui me chiffonne et qui rejoint ce que je disais sur l’aspect « manga » du roman. L’université impose le port de l’uniforme (ok soit), et les cursus ne sont pas spécialement bien précisés. On se retrouve là avec cette impression de transposer les univers des lycées/universités japonaises mais en France. Et ça aussi, ça peut faire tiquer. Mais bon, c’est dire ce qui m’embête… Des détails, encore et toujours. Je maintiens cependant que l’acquisition d’un arsenal plus conséquent aurait été utile à nos protagonistes. A force d’utiliser de la magie partout, personne ne se méfie plus du grand pouvoir des lance-roquettes.

L’univers de Fanéas en soit est très peu développé, mais on y passe très peu de temps (un prologue qui présente bien ce qu’on peut y voir, et deux trois flashbacks). Mais on veut en voir plus et on s’attend, avec ce qui nous a été promis, à un monde très coloré et riche en vie et en magie.

Au niveau des influences, je ne vais pas rappeler encore une fois celle générale de la culture manga/animé. Néanmoins, on y trouve également un petit côté Harry Potter (notamment dans le manoir Craft que j’imaginais très bien dans un style moderne à l’intérieur, mais assez gothique vu de l’extérieur). La répartition des magies élémentaires entre factions fera également penser à Avatar, le dernier Maître de l’Air, notamment dans l’utilisation et les sorts employés.

En conclusion, j’ai pu lire l’ouverture d’une saga intrigante et intéressante qui donne envie de voir la suite. L’univers de Fanéas nous appelle et nous invite à venir l’explorer, tout en ne faisant durant ce tome que nous mettre l’eau à la bouche. Le cliffhanger de fin a moyen de faire hérisser des poils mais c’est un excellent moyen pour motiver les troupes à continuer le combat et à s’empresser de lire le deuxième tome. Aussi, après beaucoup d’hésitations et de réflexions, je lui accorde le titre de Guerrier distingué. Les défauts du style peuvent en rebuter certains et je comprendrais si vous trouviez mon jugement trop doux, mais ils ont su me toucher et me faire apprécier le roman. Ce sera donc à vous d’en juger.Je vous laisse ici le lien vers le site web où vous pourrez trouver toutes les informations concernant les livres, l’autrice et l’univers. Je vous laisse, j’ai un Mjöllnir à étrenner sur des gobelins.Les Prélats de Fanéas

Rappel des titres de romans, du plus haut au plus bas

– Héros du Valhalla

– Einherjar émérite

– Guerrier distingué

– Compagnon d’aventure

– Soldat du rang

– Paysan recruté

– Chair à canon

– Va mourir en premier