Chroniques d’un Berserker : Les Prélats de Faneas, tome 2 : le soulèvement des fiefs – Au nom des dieux

Chroniques d’un Berserker : Les Prélats de Faneas, tome 2 : le soulèvement des fiefs

Vous me pensiez mort ? Certains croyaient à ma disparition ? Que nenni, gens de peu de foi ! Le Berserker ne tombera que ses armes en main au milieu du champ de bataille. Je vais trop loin ? Sans doute !

Enfin, mon état de santé (bien qu’excellent) n’est pas la question. Non, aujourd’hui, nous sommes réunis pour parler du 2e tome de la saga des Prélats de Faneas intitulé sobrement « le soulèvement des fiefs » (ouh je sens que ça va me plaire). Alors préparez vos haches, assurez-vous d’avoir assez de munitions et de mana et surtout obéissez à vos capitaines. Parce qu’aujourd’hui, on part en guerre. Mais d’abord, le résumé de la 4e de couverture.

« Après avoir découvert la réelle identité de Klay, Astéria et ses compagnons sont enfin de retour à Faneas. Ce royaume fascinant, autrefois prospère et plein de vie, est désormais meurtri par l’invasion endorine. Dans les plaines d’Albeth, les habitants désespérés sont opprimés et perdent peu à peu la volonté de vivre. Pourtant, certains se battent toujours pour Faneas ! C’est le cas du mystérieux Freyr, qui résiste à l’Ouest. Cet homme pourrait devenir un allié de premier ordre, mais comment faire confiance après une telle trahison ? Asté n’en a aucune idée. Malheureusement, le temps n’est pas à l’hésitation la guerre semble plus proche que jamais et l’armée d’Endor se masse déjà au pied du mont d’Ase Gard. Les prélats seront-ils en mesure de sauver les rebelles ? Et quel est ce secret qui se cache au Nord, dans la forêt de Selvans ? Ne vous êtes-vous jamais demandé où naissent les récits de vos anciennes légendes ? »

On va commencer simplement par mon avis général sur le livre. Tout comme le premier, je l’ai beaucoup apprécié. Depuis le 1er tome, les personnages connaissent une belle évolution, tout comme l’écriture, ce qui rend la lecture fluide (sauf en quelques points) et agréable. Et cette fois-ci, l’autrice s’attaque également à quelques sujets plus complexes à traiter que dans le 1er tome.

Style du livre

Dans le 1er tome, je disais que le style de l’écriture évoluait et s’améliorait au fil de la lecture du roman. Eh bien je suis ravi d’annoncer qu’ici, dès le début, on sent une belle progression et une certaine maturité acquise dans l’écriture. Le texte apparait tout de suite comme plus travaillé, plus expérimenté que pour Les Terres d’exil (le 1er tome). En effet, si dans le 1er livre, on trouvait parfois de l’exposition un peu mal amenée, un peu grossière ou balourde, cette fois-ci, mis à part une ou deux exception, on ne le retrouve plus ! Les quelques lenteurs qu’on pouvait ressentir ont également disparues.

En revanche, on garde toujours cet aspect « manga/animé » qui pourra en déstabiliser ou énerver quelques-uns (ou fasciner d’autres). Mais même ça a évolué et s’est amélioré. Les réactions, mimiques et autres discussions qui faisaient référence aux œuvres japonaises apparaissent ici plus adultes et réfléchies (à croire que les personnages ont pris 5 ans dans la poire, mais ils arrivent à nous rassurer rapidement à ce sujet). Même leur chamailleries, disputes puériles, blagues (mauvaises ou non) … ont gagné en maturité ce qui est un véritable plaisir.

Allez, si on veut chercher la petite bête, on peut toujours reprocher quelques répétitions ou tournures de phrases dans des dialogues qui ne font pas très naturelles ou spontanées (comme le sont les discussions dans la réalité). Après, c’est peut-être moi et ma façon de parler (ECLATEEEER TRONCHE…) mais par moment, ça me semblait un peu hors des personnages.

Mon seul vrai reproche au niveau du style de l’écriture sera une facilité scénaristique grosse comme le marteau de Thor que j’ai grillé dès l’instant où elle a été mentionnée. Si ce n’était que ça, je n’aurais rien dit. Mais elle pourrait vraiment arranger les héros (et surtout une relation amoureuse bien compliqué) et a été énoncé en plein dans la conversation à ce sujet (ou juste après, j’ai un doute). Quoi qu’il en soit, ils auraient dû le capter et ça aurait réglé un énorme souci. Bref, c’est grillé et je sais que ce « souci » sera rapidement réglable dans le prochain tome.

Univers du livre

Passons maintenant à la partie plus complexe de l’œuvre. Mais avant… *tend le bras* Mjöllnir, si tu veux bien. *le maul revient dans la main*. Et cette fois-ci, je vais être moins tendre.

Dans ce 2e opus, on plonge presque directement dans l’univers de Faneas, ne nous préoccupant pas du tout de la Terre. Faneas est un monde de High Fantasy. La magie y est très présente, régentant presque toutes les vies. Mais le royaume est occupé par son voisin Endor (le premier qui me parle d’Ewok finit foudroyé !) qui a envahit le pays voilà 10 ans. 10 ans que nos héros ont disparu, alors que pour eux, seulement quelques mois se sont écoulés. Le pays a donc souffert de l’occupation, l’espoir a quasiment disparu et seul une petite faction rebelle continue le combat. Une bonne situation comme je les aime !

L’ambiance désespérée est très bien retranscrite, que ce soit avant ou après la rencontre avec la faction rebelle. Ils sont trop peu nombreux, affaiblis, mal équipés… Les ambiances en général sont très belles dans le récit. Quel que soit le moment, on y ressent l’émotion voulue par l’autrice. Douceur, amertume, douleur, espoir, courage… Une véritable florilège d’émotions qui nous transporte et nous accompagne.

La magie est toujours aussi spectaculaire, même plus. On assiste à un véritable festival de puissance et de déflagrations en tout genre capable de rayer des villes entières de la carte. La surenchère pourrait paraître mal dosée si les contreparties ne mettaient pas tout le temps les héros à l’article de la mort (à un moment, va falloir apprendre l’intérêt des catapultes).

La nation d’Endor, pas encore visité mais dépeinte à travers les occupants, est aussi intéressante. Dans un monde où la magie fait vivre quasiment tous les êtres, voir ceux qui n’ont rien profiter d’un avantage technologique pour envahir le pays. En effet, ils semblent posséder aéronefs, chemins de fer et autres machineries plus contemporaines (quelqu’un a dit steampunk ?) qui leur ont sans doute donné l’ascendant sur un Faneas affaibli par l’absence des prélats.

Par contre, en termes d’univers, il y a un point qui m’a dérangé. Les dieux de ce monde sont les mêmes (en partie) que ceux qu’on trouve sur Terre (à quelques détails près). Or, voir Odin, Thor, Gaïa, Tyr, Hephaïstos et Freya dans un monde totalement différent m’est d’abord apparu comme un manque d’imagination qui ne collait pas dans le roman quand on voit le reste de l’univers. Tout comme des noms de lieux et de villes (Ase Gard, Delphes…). Pour moi, dans un univers d’heroic fantasy aussi riche, ça faisait un peu dissonance, aussi j’en suis venu à me poser la question : serait-il possible qu’en réalité, la Terre et Faneas soient liés ? J’espère que des réponses seront apportées par la suite.

Ah par contre, il faut que je vous parle des nains ! Oui, il y a des nains dans cet univers, mais ils sont bien différents de ceux qu’on a l’habitude de voir dans ce genre de monde. J’ai vraiment aimé le concept (et pourtant, je suis un grand ami du peuple nain version Tolkien). Là, ils sont représentés sous forme de taupes. Je n’en dis pas plus, mais j’ai vraiment adoré la description de ce peuple !

Enfin, je vais revenir un peu sur les personnages. Des personnages attachants, j’en ai connu plein. Des personnages hauts en couleur, si bien décrits qu’on se les représentent à la perfection dans son esprit aussi. Des personnages qui combinent ces deux traits également. Mais le quintet des héros fait partie de mon panthéon des meilleurs. Ce sont des idiots par moment (même très souvent), guidés par leurs émotions (enfin pour 2 d’entre eux, les 2 autres réparant les dégâts) qui foncent dans tous les murs possibles. Mais par les dieux que je les aime ces idiots ! Leur passion, leur courage, leur innocence font qu’on veut les voir progresser (et quand même leur mettre quelques baffes par moment), qu’on veut les accompagner tout le long de leur périple (qui n’est pas sans danger, faut l’avouer). Ne serait-ce que pour eux, j’ai hâte de connaitre la suite.

En ce qui concerne les références, outre comme je l’ai dit l’influence « manga/animé », j’ai vraiment ressenti une certaine inspiration de l’univers du Dernier Maître de l’Air (volontaire ou non). Et c’est bien fait. La magie élémentaire est certes basique dans les mondes d’heroic fantasy, mais ici, avec les méthodes d’apprentissages et les techniques dépeintes, j’ai eu l’impression par moment de revoir certaines scènes de ce merveilleux dessin animé. Je glisserai de manière taquine sur Star Wars, avec Endor et les rebelles, mais je pense là que je fais juste des corrélations sans réel fondement. On peut noter aussi un passage avec le mythe de la tour de Babel de la Bible qui est également très bien exploité. Je ne référencerai pas toutes ici, mais si vous en trouvez, n’hésitez pas à venir me les dire.

En conclusion, j’ai pu lire de la très bonne heroic fantasy. Certains pourraient y reprocher une vision assez « jeune » de certaines situations. Mais il faut se mettre à la place de nos personnages qui le sont ! Ils sont idéalistes et rêveurs et on ne peut pas leur reprocher ça. En tout cas, l’évolution de l’écriture et du style montre que l’autrice sait gérer son univers. Je n’ai pas d’inquiétudes vis-à-vis de la suite de la saga. Et, avec aussi quelques hésitations mais moins que pour le premier tome, je lui accorde le titre d’Einherjar émérite ! Même si elle n’est pas parfaite, je pense qu’on a là une grande saga en préparation !

Je vous laisse ici le lien vers le site web où vous pourrez trouver toutes les informations concernant les livres, l’autrice et l’univers. Sur ce, je vous laisse. Mjöllnir a besoin d’un peu d’exercice.

Les Prélats de Fanéas

Rappel des titres de romans, du plus haut au plus bas

– Héros du Valhalla

– Einherjar émérite

– Guerrier distingué

– Compagnon d’aventure

– Soldat du rang

– Paysan recruté

– Chair à canon

– Va mourir en premier