Chroniques d’un Berserker : les prélats de Fanéas tome 3 – L’alliance d’Amiran – Au nom des dieux

Chroniques d’un Berserker : les prélats de Fanéas tome 3 – L’alliance d’Amiran

Bien le bonjour à vous, chers lecteurs enragés. Et oui, comme l’indique le titre, aujourd’hui on retourne à Fanéas pour continuer les aventures de ses personnages et leurs galères dans un conflit qui semble les dépasser en bien des points. Allez, ne perdons pas plus de temps et passons de suite au résumé de la 4e de couverture. Attention, comme il s’agit du tome 3 de la saga, si vous n’avez pas lu les 2 premiers tomes, vous pourriez subir quelques désagréments de type « divulgâchage » (j’aime ce mot car il est dégueulasse).

            « Asté et Cléora se dirigent vers le domaine des grands lacs afin de retrouver Morgana et de fortifier les pouvoirs de le larmia. Toutefois, la route vers laqua-monde est plus périlleuse qu’il n’y paraît. Les lacs souterrains qui abritaient jadis des villes comme Caelia se sont refermés sur eux-mêmes et le temple du Sud, Avalon, semble hors d’atteinte. Pendant que Cléora renoue difficilement avec ses origines, Noctis et Niall travaillent de concert pour réformer l’armée rebelle. Malheureusement, les factions de le résistance ont du mal à s’accorder et les tensions sont légion. Le roi Bosham, que cette rébellion excède, entend bien profiter de cette faiblesse pour en finir. Alors qu’il prépare son armée, les prélats se lancent dans une course contre la montre, espérant renforcer leurs positions avant que Maboroshi ne leur porte le coup fatal. »

            Encore une fois, ça s’annonce prometteur. Allez. Enfourchez les griffons, préparez les bombardiers et aiguisez vos haches. On a de l’Endorin à casser !

            Je commencerai simplement en énonçant le plus grand plaisir que j’ai ressenti en lisant le roman : son émancipation. Si on sentait clairement les influences de l’autrice dans l’écriture des 2 tomes précédents, ici, ça y est ! le style vole par lui-même et s’est libéré de toutes ses contraintes ! La maturité acquise après ces années d’expériences est bien là et c’est un vrai régal que de s’en rendre compte. Bon, ce qui n’empêche pas quelques défauts, mais qui sont presque tous de l’ordre du ressenti narratif qu’autre chose.

Style du roman

            On commence à le connaitre ici, mais le style du roman (comme dit plus tôt) évolue, grandit encore et toujours pour le plus grand plaisir du lecteur. L’aspect « manga/animé » est toujours un peu présent, mais beaucoup plus diffus, clairement maitrisé et surtout bien réparti dans le roman, ce qui le rend à peine perceptible, tout en restant présent pour ceux qui apprécient. En fait, on voit vraiment que les personnages ont grandi et mûri, ce qui fait vraiment plaisir (je reviendrai là-dessus dans la partie univers).

            Je pourrais reprocher à certains personnages une certaine familiarité entre eux (notamment entre les ennemis et les protagonistes) qui me laisse un peu perplexe. Certes on pourrait me rétorquer qu’ainsi, ça leur permet de jouer sur la corde sensible, d’essayer de pousser à bout les héros. Mais une ou deux fois j’aurais rien dit. A un moment, je me demande si c’est pas un poil trop.

            Il y a quelques twists au cours du récit qui sont très bien maitrisés (comprenez par là que je me suis fait avoir comme un bleu) et qui ont su me retourner le cerveau sur l’instant.

            Au niveau de l’écriture en elle-même, je n’ai rien de plus à dire. On voit le progrès de l’autrice et maintenant, c’est confirmé, le style ne pourra aller qu’en s’améliorant (je l’espère, mais je suis confiant). Donc à ce niveau là, c’est sécurisé pour le tome 4, et même pour les prochains romans de miss Abécassis Weigel.

            Je vais donc profiter de ce passage pour parler du package du livre. Parce que oui, je l’ai précommandé sur Ulule. J’ai pris le pack de base et je peux vous dire une chose : C’EST BIEN FAIT PAR ODIN ! J’ai reçu le livre, la carte de l’aqua-monde, des pins’, un marque page, des magnets et des stickers à coller partout. Pour une précommande, on ne se fout pas de l’acheteur et c’est aussi un excellent point à souligner.

Univers du livre

            Là on passe à ma partie préférée. Mjöllnir, si tu veux bien. *L’imposant maul traverse les airs et s’arrête dans la paume du Berserker*. On va pouvoir chipoter.

            Dans ce tome, on découvre deux nouvelles régions et on en redécouvre une. Si la visite de l’aqua-monde m’a stupéfaite, perdue (dans le bon sens), écrasée et fait rêver, je dois m’avouer moins convaincu par celle d’Endor (je voulais revoir des Ewoks, je l’avoue). L’aqua-monde, si je m’attendais à quelque chose d’assez classique, a balayé toutes mes attentes et a su retourner mon cerveau. J’ai presque envie d’appeler les chapitres où on y évolue « leçons pour agrandir un monde fantasy » tant s’est bien fait. On y est vraiment comme le personnage de Kaede, qui n’y a jamais mis les pieds de sa vie. A la fois perdus et impressionnés par tant de merveilles. Pour la faire courte, je suis resté sur le cul tout le long.

            Par contre, pour ce qui est d’Endor, ce fut moins le cas (sans doute parce qu’on y reste beaucoup moins longtemps que dans l’aqua-monde). Heureusement que l’autrice décrit les villes navigantes sur les dunes de sable avec brio, sinon je l’aurais appelé « terre de méchants n°12 ». Oui, c’est vrai que c’est intéressant de justifier les velléités de conquête de l’ennemi par un environnement hostile qui le rend agressif et redoutable. Mais les univers manichéens de fantasy sont aujourd’hui dépassés (désolé Sir Tolkien, mais c’est la vérité). J’aurais aimé de véritables volontés politiques et tensions profondes entre deux nations voisines se disputant des ressources, des ingérences et des complots (bon y’en a quand même, mais à force de bouffer du sable à longueur de journée, je me demande pourquoi les Endorins ne sont pas passés à l’assaut plus tôt). Par contre, leurs découvertes et leur avance technologique leur redonne un peu de cachet bien mérité. Par contre, je me demande comment cela se fait-il qu’ils n’aient toujours pas inventé les armes à feu. Avec leur technologie, ils devraient avoir les moyens de faire cracher poudre et plomb. Mais je m’égare.

            On en arrive maintenant au principal point de mon chipotage : les décisions politiques de nos héros. Oui ils sont jeunes. Oui ils sont idéalistes et plein de bonnes intentions et c’est tout à leur honneur. Mais nous sommes en tant de guerre ! Et en tant de guerre, on prend des décisions difficiles et les choix pragmatiques doivent primer sur les désirs personnels. Or là, notre cher Asté est une experte dans le domaine des mauvaises décisions (à mon goût). Si bien que, si je le pouvais, je débarquerais volontiers avec une flotte conséquente pour intervenir façon « America Fuck Yeah » et régler une bonne fois pour toute la situation. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais je peux dire que j’ai repéré plusieurs moyens de résoudre certains problèmes sans pour autant avoir à prendre les risques et les décisions lourdes qu’ils ont pris. Vous auriez dû profiter de votre séjour sur Terre pour lire L’Art de la Guerre.

            Ces quelques défauts empêchent le roman d’atteindre le titre de Héros du Valhalla. Mais j’ai espoir. Je suis sûr que cette saga saura se placer parmi les meilleures de la fantasy française. Aussi, c’est avec plaisir et fierté que je décerne à ce tome 3 la titre d’Einherjar émérite. Il n’y aura que 4 tomes à la saga et c’est une excellente chose, car toute histoire doit savoir se conclure, et je pense qu’avec plus, nous aurions commencé à tourner en rond. Donc je ne peux que vous recommander de foncer pour la lire si vous ne l’avez pas encore fait !

Je vous laisse ici le lien vers le site web où vous pourrez trouver toutes les informations concernant les livres, l’autrice et l’univers. Sur ce, je vous laisse. J’ai un marteau à faire tournoyer et des crânes à pulvériser.

Rappel des titres de romans, du plus haut au plus bas

– Héros du Valhalla 

– Einherjar émérite

– Guerrier distingué

– Compagnon d’aventure

– Soldat du rang

– Paysan recruté

– Chair à canon

– Va mourir en premier

Petit point : l’image sur Amazon n’est pas la véritable couverture du roman. Miss Abécassis, si tu vois ça 😉