Chroniques d’un Berserker : C’est arrivé en Avril – Au nom des dieux

Chroniques d’un Berserker : C’est arrivé en Avril

All Hail à vous fidèles lecteurs ! Une nouvelle chronique tombe aujourd’hui. J’ai été contacté par Sieur Meisburger pour parler de son roman « C’est arrivé en Avril » il y a quelques temps et j’ai enfin pris le temps de le lire. Aujourd’hui, on part pour de la bonne science-fiction telle qu’on l’aime, avec de l’émotion, de l’ambition et de grosses révélations. Mais d’abord, le résumé de la 4e de couverture :

Si on vous disait que demain, votre ville serait rayée de la carte ? Si vous deviez fuir à la campagne, chez un ami dont la maison cache un secret qui va changer votre vie ? Pour Vincent, c’est arrivé en avril. Le jour de sa rencontre avec Karine. Qui est-elle ? Pourquoi tient-elle à se rendre à Sedona, Arizona ? Car s’il existe de meilleures dates que la fin du monde pour tomber amoureux, se pourrait-il que leur amour soit notre ultime espoir ? Une aventure haletante, un road trip à travers les États-Unis, une chasse à l’homme impitoyable, une machination implacable doublée d’une histoire d’amour entre deux êtres réunis par le destin… ou autre chose…

Un résumé comme celui-là a toujours le mérite de me faire rêver. Alors chargez vos fusils, démarrez les motos et aiguisez vos haches, aujourd’hui on va découvrir ce qu’il s’est passé en Avril dernier…

Pour ce qui est de mon avis général, je dirais que j’ai bien apprécié le roman, même si certains éléments m’ont clairement gêné (en fait, c’est surtout le twist de fin (spoiler : y’a un twist)). Et comme tout le roman repose sur des retournements en veux-tu en voilà, cette chronique va être compliquée à faire sans spoiler. Mais bon, tailler un peu dans la finesse bouleversera un peu les habitudes de votre Berserker favori.

Style du roman

Le style d’écriture est pour moi un gros point fort, mais il peut également en rebuter certains. Déjà, le récit est narré au présent (moi qui suis un habitué de la narration au passé simple, ça fait déjà bizarre, mais c’est très bien fait donc on s’y habitue), et ça colle parfaitement au dessein du livre je trouve.

Le livre se lit très facilement. Je me suis surpris à enchaîner les pages et à voir défiler le roman sous mes yeux en quelques jours seulement. Il y a notamment un point qui m’a intrigué (mais en rien gêné), ce sont les descriptions. Je ne suis pas un amateur des descriptions à rallonge qui font 5 pages pour expliquer en quoi les pierres d’une maison sont blanches (coucou Balzac). Et ici, au début du récit néanmoins, les descriptions sont très courtes, voire quasiment inexistantes (ce qui est justifié dans l’histoire en plus). Et, plus on progresse, plus elles s’étoffent, si bien qu’on s’y habitue et qu’on ne s’en rend pas forcément compte.

Au niveau de la structure des péripéties cependant, il y a un léger défaut qui m’a un peu sauté aux yeux. On repère la structure des arcs narratifs présents. On sait quand commence un élément et quand il va se terminer. Et dès qu’il se termine, on voit venir le suivant. C’est peut-être (même probablement) mes sens de lecteurs qui s’aiguisent et qui me font repérer les tropes un peu plus facilement. Ou bien cela peut dire que les transitions n’étaient pas assez fluides. Sur ce point, je ne peux répondre donc je ne le prendrais pas en compte dans l’attribution du grade.

Le rythme est par contre aussi soutenu qu’un tir de barrage. Nos protagonistes n’ont pas une seule seconde de répit dans cet univers apocalyptiques (oui je peux le dire, c’est dans les premières pages du livre qu’on voit New York exploser. Mais j’y reviendrai). Et l’intensité de ces événements est également bien gradué, laissant le temps aux personnages de gagner en expérience et en confiance avant de leur mettre un nouveau défi plus grand à surmonter (même si à certains moments, ces caps sont très difficiles).

Les deux protagonistes sont également intéressants. Vincent est un jeune médecin absolument pas adapté à la vie en situation cataclysmique (en même temps, peu de gens peuvent le prétendre) et Karine, une jeune aveugle qui voulait devenir photographe. Et ça, ça mérite des félicitations ! Parce qu’avoir un personnage handicapé dans un récit, c’est déjà un plus. Mais exploiter la cécité au point d’en faire un élément crucial du récit, c’est beau ! Je n’en dis pas plus car ça vous gâcherait le plaisir, mais c’est à mon sens le plus gros point fort du roman.

Voici mes avis sur le style du récit. Maintenant place à l’univers. On va y aller à la frappe tactique sur ce point.

Univers du roman

L’histoire se déroule sur notre bonne vieille Terre, au mois d’Avril dernier pour être précis. Celle-ci s’ouvre sur l’explosion de l’intégralité de Manhattan. Oui oui, vous avez bien lu. Manhattan, rayé de la carte. Non pas que ça me déplaise, de voir des villes partir en flammes et les ombres de la guerre s’étendre sur un pays, mais c’est pour moi l’élément le plus perturbant du récit. Parce que ça ne s’arrête pas là. Suite à cela, toutes les grandes villes des Etats-Unis, à l’exception de Washington DC, sautent les unes après les autres. Puis toutes les grandes villes du monde. Complot mondial ? Bombardement terroriste ? Cataclysme naturel ? Les réponses sont données dans le récit et je ne les divulgâcherai pas ici. Néanmoins pour ce que c’est… et c’est mon avis purement subjectif… c’est trop gros. A l’échelle d’un pays, même de la taille des USA, j’aurais accepté. Sur l’ensemble du globe ? Impossible.

Je vais aussi parler rapidement de mon ressenti sur le twist final. Certains, peut-être même beaucoup d’entre vous pourront l’apprécier. Il est même très bien justifié dans l’histoire. Mais moi, c’est le genre qui me fait hérisser le poil, voire plutôt hérissez les lames même. Vous vous ferez votre propre avis en lisant le roman et je serai curieux de le connaitre, donc n’hésitez pas à venir m’en parler.

En soi, pour une fois, je n’ai pas grand chose à nous dire sur l’univers, si ce n’est que certaines références à des événements historiques sont très bien exploitées (j’aurais vraiment ri si la charge de la zone 51 par des geeks qui a eu lieu le 20 septembre dernier avait été mentionné mais le récit se passe avant). Mais il y a un truc qui m’a fait plaisir. Je suis un grand fan de Karim Debbache et ce livre parle… de Flagstaff, Arizona (si vous comprenez, tant mieux, sinon, cessez votre lecture et allez regarder tous les épisodes de Chroma maintenant). Ça par contre, c’est un point en plus direct.

En conclusion, je pense que j’ai pu lire un très bon roman, une très belle histoire avec des personnages très attachants, ainsi que des situations vraiment belles qui auront su m’émouvoir. Certes il y a de gros points qui m’ont agacé, mais pas au point de me faire refermer le livre et d’arrêter la lecture. Aussi, je lui décerne le titre de Guerrier distingué ! N’hésitez pas à vous procurer le livre, sinon le Berserker viendra vous tataner à grand coup de Blanchette !

Rappel des titres de romans, du plus haut au plus bas

– Héros du Valhalla

– Einherjar émérite

– Guerrier distingué

– Compagnon d’aventure

– Soldat du rang

– Paysan recruté

– Chair à canon

– Va mourir en premier