Chroniques d’un Berserker : Horizons tome 1 – Sombre balade – Au nom des dieux

Chroniques d’un Berserker : Horizons tome 1 – Sombre balade

All Hail ! On continue les lectures avec un nouveau roman dans un genre que j’adore mais que je n’ai pas encore assez abordé en littérature : le post-apocalyptique. Et oui, malgré les centaines d’histoires qui existent sur le thème, je n’en ai lu que très peu et je n’ai pas encore écrit sur le sujet, mais ça viendra un jour. En attendant, aujourd’hui, on va se concentrer sur le premier tome d’Horizons de Lysiah Maro. Mais d’abord, le résumé

2107.

Deux ans plus tôt, le monde est dévasté de façon brutale et soudaine. Aujourd’hui, il n’en reste que des ruines, de la poussière et des cadavres. Les rares rescapés tentent de subsister, tiraillés entre les milices locales et les grandes organisations qui se disputent les territoires épargnés tels des vautours.

C’est à travers une France hostile et ravagée par la folie des Hommes que Xalyah, une jeune femme solitaire et endurcie, brave tous les dangers pour accomplir son seul et unique objectif : retrouver les siens. Le reste n’a pas d’importance, les autres non plus. Sauf qu’elle réalisera bientôt que pour parvenir à ses fins et survivre, il lui faudra accepter de baisser la garde et faire les bons choix…

Voilà qui annonce la couleur. Bien, préparez vos rations, vérifiez vos fusils et surtout aiguisez vos haches. On va explorer le monde tel qu’il risque de devenir.

Pour mon avis général, je dois avouer que j’ai été séduit par le roman. J’ai beaucoup aimé le style d’écriture et l’univers qui est dépeint qui, à mon goût, présente quelques idées excellentes pour un genre à la fois très libre mais également très codifié par ceux qui l’exploitent.

Style du livre

Le style d’écriture est très bon. Si bien que je crains que cette partie ne soit pas très longue tant je trouve peu de choses à dire. Mais bon, vous me connaissez, je vais quand même tailler dans le gras.

Le récit est écrit au présent et à la première personne, ce qui a tout pour me ravir. Néanmoins, j’en suis venu, durant ma lecture, à me poser une question concernant la concordance des temps. Est-ce correct d’incorporer à certains moments des passages à l’impératif dans un récit au présent ? Ce ne sont souvent que quelques phrases éparpillées, mais ça a le mérite de me faire réfléchir.

Le seul gros défaut de style que je noterai pourrait presque être mis dans la partie univers. Mais je vais le mettre ici car pour moi, c’est un choix d’écriture et non de world-building. Le nom de certains personnages me fait hérisser le poil, dont celui de la principale protagoniste (attention, ça ne m’a pas empêché de m’attacher à elle ni d’apprécier l’histoire et les autres personnages, loin de là). Pourquoi, en France, dans notre dimension de la réalité (certes en 2107 mais bon…), est-ce que des parents appelleraient leur fille comme un médicament ? Sachant qu’en plus leurs autres enfants portent des noms plus courants. Le nom choisit, Xalyah, sonne beaucoup trop heroic fantasy à mon goût pour la crédibilité de l’univers. Ce serait exactement comme donner à son barbare des lointaines contrées du Nord une épée qui s’appelle Bob ! Ça ne colle pas. Ou alors on le fait pour tout le monde, montrant une évolution de la société qui a tendu vers ça.

C’est cependant le seul reproche stylistique que j’ai à faire au roman, c’est dire ! Je vais donc m’attarder un petit instant sur la couverture, plutôt remarquable, du roman, qui reste mystérieuse et sait capter le regard et éveiller la curiosité (mais qui, contrairement à d’autres, n’est pas ce qui m’a convaincu de prendre le livre).

Passons maintenant à ma partie préférée quand il s’agit de post-apo. Faites rugir les gatlings ! On passe à l’univers.

Univers du livre

Quand on parle de post-apocalyptique, la plupart des fans y verront l’ambiance mise en place par Mad Max, reprise dans la série de jeux Fallout (ceux qui citent Waterworld, vous gagnez un bon point mais c’est tout). A savoir une ambiance désertique, avec une nature écrasante et des humains réduits à l’état de tribus archaïques et désorganisées dans un monde devenu totalement hostile à leur survie.

Et bien ici, ce n’est pas exactement ça ! Certes, le monde fut détruit, mais pas totalement. Il y a quelques idées qui sont très plaisantent et qui changent des contextes post-apo que j’ai eu l’habitude de voir. Des forces politiques datant d’avant la Rupture continuent de s’affronter pour contrôler Paris. On sait qu’il existe encore des décisionnaires, et donc potentiellement des nations, quelque part sur Terre. L’autrice a évité de balancer des têtes nucléaires partout pour tuer tout ce qui bouge (et ça, c’est BIEN !). Les populations continuent d’utiliser et d’améliorer les technologies qu’ils avaient avant la fin… Et la liste ne s’arrête pas là !

L’histoire se concentrant principalement sur Xalyah et le groupe de personnage qui gravite autour d’elle, on ne sait pas encore grand-chose sur le reste de la France ni sur ce qu’elle devient, mis à part que deux groupuscules politico-corporatistes se bataillent pour le contrôle de Paris. Pourquoi Paris ? Aucune idée, mais il doit y avoir une raison bien profonde à cela (car niveau ressources, c’est pas top l’Île-de-France). Et ces deux groupes seraient financés par des puissances étrangères.

Et c’est là pour moi la douille qui bloque le mécanisme. Je précise rapidement qu’il ne s’agit que de mon avis concernant le genre, pas d’une vérité universelle. La réaction politique. Comment ces puissances étrangères ravitaillent leurs troupes présentent sur place (faire venir des ressources d’un bout à l’autre du monde, dans une situation pareille, c’est très très complexe) ? Et surtout pourquoi il n’y a pas de réaction unifié de la part des populations locales ? C’est un point qui m’énerve dans tout le genre, c’est de mettre en place un contexte où tous les humains se foutent sur la tronche allègrement sans avoir la moindre conscience collective. Toutes les communautés se regardent avec des airs menaçant sans se dire une seconde « Tiens ? Et si on coopéraient ? ». Et à côté de ça, les groupes politiques se la jouent conquérants et forces d’invasion !

Or, pour créer un univers post-apocalyptique, rien de mieux que de regarder l’Histoire pour s’en inspirer. En France notamment (vu que le récit s’y déroule), on a de beaux exemples de réaction face à une situation similaire. Un chaos généralisé se répand sur tout le territoire ? Réaction : montée au pouvoir de Napoléon Bonaparte (comprendre dans ce cas-là : émergence d’un leader charismatique et puissant). Une force d’invasion commence à s’immiscer dans les affaires de tous les jours et occupe littéralement le territoire ? Réaction : l’unification des peuples gaulois face à l’envahisseur romain (libre à vous de les faire perdre ou gagner après…). Ce ne sont là que deux exemples mais qui pour moi illustrent très bien ce qui manque dans les mondes post-apocalyptiques : le manque de sentiment national. C’est pour ça que la plupart se passent aux Etats-Unis. Comme ils n’existent que depuis 300 ans, le pays n’a pas une histoire suffisamment grande pour avoir assez de points d’ancrage nécessaire pour que sa population s’y rattache totalement.

Et là, je me rends compte que je viens de faire une diatribe sur le patriotisme en contexte post-apo, ce qui est loin de la chronique du roman… Revenons-y donc.

Les personnages sont superbes. Vraiment. Ils ont des caractères de merde, tapent rapidement sur le système et se foutent dans les pires ennuis avec une aisance énervante. Mais on les aime pour ça. On sent leur détresse, leur désespoir vis-à-vis de ce qu’est devenu le monde et l’état constant de tristesse et de peur qu’ils transportent. Ce qui rend leurs réactions compréhensibles, attachantes, et leurs moments de joie encore plus précieux.

Je n’ai pas grand-chose d’autre à dire si ce n’est : foncez le prendre ! Ça vaut vraiment le coup. Ce premier tome m’a donné un avant-goût de ce que l’autrice a dans le ventre et de l’immense potentiel que l’histoire peut atteindre. Je lui accorde donc volontiers le titre d’Einerhjar émérite. On est fin janvier et j’ai déjà un coup de cœur pour cet univers.

Rappel des titres de romans, du plus haut au plus bas

– Héros du Valhalla

– Einherjar émérite

– Guerrier distingué

– Compagnon d’aventure

– Soldat du rang

– Paysan recruté

– Chair à canon

– Va mourir en premier