Chroniques d’un Berserker : Hermorrhage tome 1 – Basculement – Au nom des dieux

Chroniques d’un Berserker : Hermorrhage tome 1 – Basculement

Salutations fidèles lecteurs ! Je continue l’éviscération de la pile de livres qui s’accumule dans ma bibliothèque. Et aujourd’hui, j’ai déniché pour vous un roman dans un genre qui me plait, bien que trop souvent associé à des bouses sans nom : je veux parler de Fantasy urbaine, ou Urban Fantasy pour les Angloys qui veulent m’énerver. Je me suis donc penché sur le 1er tome d’Hermorrhage et voici le résumé de la 4e de couverture

Notre monde est la scène d’une guerre entre la magie et la technologie.Depuis que la magie est réapparue, Paris s’adapte tant bien que mal. Des quartiers entiers ont été détruits, certaines zones ont même été condamnées pour circonscrire un mal invaincu.Pourtant la vie continue. Thylian, humain extrêmement prudent, n’aime pas les préjugés, particulièrement ceux concernant les métamorphes. Afin d’en apprendre davantage sur eux, il décide de réaliser son stage de 3e année de licence magique dans leur ambassade à Paris.Il s’engage alors dans un monde rempli de prédateurs prêts à tester leurs griffes sur lui. Va-t-il réussir à déjouer les pièges qui se dresseront devant lui ?

Bien. Voilà qui a le mérite d’annoncer la couleur sur de nombreux points. Allez, préparez vos flingues, vérifiez vos sortilèges et affûtez vos haches. On part faire une balade dans Paris.

Ce roman revient de loin. J’avais commencé à le lire avec un a priori bien marqué, m’attendant à être déçu. Et le début me le confirmait. Et puis, arrivé au tiers, je me suis retrouvé vraiment embarqué dans l’histoire, et j’ai dévoré le livre en une journée. Mais on va voir ça plus en détail.

Style du livre

Le style du livre a des points pour me plaire et d’autres qui m’ont fait hérisser le poil.

Premièrement, le roman est écrit à la première personne, et ça j’adore. On se sent tout de suite proche du protagoniste, on sait ce qu’il ressent et on vit avec lui son évolution tout du long, ce qui est pour moi un très bon point.

Mais, et c’est là le gros point noir du roman, durant tout le premier quart du livre, on a plusieurs problèmes qui viennent clairement gêner la lecture. Le plus petit, c’est une certaine confusion entre certains verbes (« butter » au lieu de « buter » lorsqu’on parle de tuer quelqu’un, « compter » au lieu de « conter » lorsqu’un personnage narre une histoire…). Ce n’est pas grand chose, mais ce sont des erreurs qui auraient dû être évitée et ce facilement. Le plus gros problème par contre, c’est la concordance des temps. Durant tout ce quart de récit, on saute sans arrêt du présent au passé. C’est ma hantise et ma plus grande faiblesse en tant qu’écrivain aussi j’y fais très très attention. Et là c’est catastrophique. A croire que personne n’a relu le roman alors qu’on sait que c’est le cas ! Ma lecture s’en est retrouvée très perturbée.

Mais, après un quart du livre, le temps du récit est choisi (le passé, pour ceux qui se posent la question) et celui-ci se tient jusqu’à la fin (tel un sniper en embuscade, j’ai cherché à dénicher une erreur qui se serait glissé quelque part, mais je suis rentré bredouille). Et là, la lecture devient fluide et agréable.

Ce sera tout pour le style. J’ai dit tout ce qui comptais selon moi, alors on va passer à l’univers. Et là, je vais me faire plaisir.

Univers du livre

De la Fantasy urbaine. J’adore ce genre. Voir un monde, notre monde moderne, garni de magie et de dragons, est un rêve que j’espère beaucoup partagent. Et celui qui nous est proposé est plutôt bon je dois dire.

Après un réveil de la magie sur lequel on s’attarde peu dans le récit, on est tout de suite plongé dans le Paris de ce monde, trente ans après, avec ses facultés de sciences magiques, ses grosses bestioles qui se baladent dans la Seine, ses marchés souterrains où on y retrouve des papyrus, etc… Tout ce qu’on voudrait voir dans notre réalité en fait. L’état général de l’univers est décrit très succinctement, mais avec suffisamment de détail pour qu’on se le représente très bien.

L’une des meilleures idées du livre reste l’alternance entre les « vagues techs » et les « vagues magiques ». Il s’agit d’ondées imperceptibles, d’une durée variable, durant lesquelles soit la technologie soit la magie fonctionne. Ce qui fait que toute la vie s’est réorganisée autour de ces vagues, avec des voitures possédant un moteur pour chaque, l’éclairage public prévu pour alterner entre électricité et feux follets… Cette illustration de la dualité et de l’opposition Magie/Technologie est pour moi l’une des meilleures qui m’ait été donnée de voir.

Le roman se concentre beaucoup sur les Métamorphes (Lycanthropes si vous préférez) et on découvre au fil de l’histoire tous les aspects de leur organisation : les bandes, la hiérarchie sociale, le mode de vie… Le seul petit truc que je regrette de ne jamais voir dans ce genre d’univers (à une exception près), ce sont les comportements animaux chez les lycanthropes alors qu’ils sont humains. Un loup-garou qui demanderai des grattouilles derrière les oreilles, un lycanthrope félin qui ronronnerait de plaisir ou feulerait en cas de danger… Je m’égare là.

Les personnages sont plutôt bien construits et très attachants, notamment Maggie et Christophe qui commencent en étant très froids et distants et qui deviennent de plus en plus sympathiques à mesure que le récit avance.

Le seul défaut que je noterai dans cette partie est le même que pour Horizons (voir chronique précédente), à savoir le nom du protagoniste. Pourquoi un nom sans aucune attache réelle ? Surtout quand ses frères et soeurs, et TOUS les autres personnages ! portent des noms courants. Ça casse un peu la cohérence de l’univers à mon goût.

En conclusion, je suis parti avec un a priori sur ce livre, et il s’est fait balayé comme un romain devant un éléphant carthaginois dans les Alpes. Et j’en suis bien content. J’ai vraiment envie de découvrir la suite de ce récit qui me semble prometteur. Néanmoins, avec les erreurs du début du livre, je ne peux lui donner un rang trop élevé. Je lui octroie donc le titre de Compagnon d’aventures avec l’espoir que les tomes suivants grimperont plus hauts.

Rappel des titres de romans, du plus haut au plus bas

– Héros du Valhalla

– Einherjar émérite

– Guerrier distingué

– Compagnon d’aventure

– Soldat du rang

– Paysan recruté

– Chair à canon

– Va mourir en premier